La transition énergétique contraint les entreprises à faire des choix cruciaux. Les prix élevés de l’énergie, des exigences ESG de plus en plus strictes et une pression croissante de la part des clients et des investisseurs rendent la durabilité absolument incontournable. “Une bonne part de la solution se niche là où les entreprises ne cherchent pas toujours: dans leurs propres bâtiments”, déclare Hans Smid chez Schneider Electric.
Les bâtiments sont responsables de 37% des émissions mondiales de CO₂. Ces émissions proviennent à la fois de l’utilisation quotidienne – chauffage, climatisation, éclairage – et de la construction elle-même, notamment la production de matériaux et le transport.
“C’est pourquoi le secteur de la construction est un levier si important”, souligne Hans Smid, Vice-President Digital Energy chez Schneider Electric Belgique & Pays-Bas. “En misant sur des bâtiments plus performants, on réduit à la fois les émissions liées à leur utilisation et celles liées à leur construction.”
Plus de la moitié des bâtiments qui seront encore utilisés en 2050 sont déjà construits aujourd’hui. Beaucoup d’entre eux sont obsolètes, mal isolés et à peine équipés de systèmes énergétiques numériques. Le défi est clair: les nouvelles règles européennes concernant la gestion des bâtiments, le management énergétique et le monitoring doivent accélérer ce changement.
Les bâtiments sont une clé puissante dans la transition énergétique.
Hans Smid, Vice-President Digital Energy chez Schneider Electric Belgique & Pays-Bas
Au-delà des contraintes, Hans Smid y voit surtout des opportunités. De nombreuses interventions affichent un temps de retour sur investissement étonnamment court, parfois de moins d’un an. “L’inaction coûte davantage que l’action”, prévient-il. “Ne pas investir dans l’efficacité énergétique est en réalité l’option la plus coûteuse!”
Plus intelligent avec les données
La numérisation est, selon Schneider Electric, la clé pour des bâtiments plus performants et durables. Tout commence par la compréhension: mesurer et surveiller la consommation à plusieurs niveaux, d’un bâtiment entier à un étage spécifique, voire une installation individuelle.
Ces données réservent souvent des surprises. “Dans nombre de bâtiments traditionnels, les systèmes ne sont pas suffisamment coordonnés”, avance Hans Smid. “On observe alors des incohérences: chauffage et refroidissement en fonctionnement simultané, climatisation active malgré des fenêtres ouvertes, ou une ventilation qui tourne à plein régime alors que ce n’est pas nécessaire.”
Une automatisation intelligente corrigerait immédiatement ce type d’erreur. L’ajout de systèmes de gestion de bâtiment (BMS), de compteurs intelligents et de solutions d’automatisation fait d’ailleurs partie des interventions les plus courantes.
“Dès que les utilisateurs prennent conscience de la consommation énergétique de leur bâtiment, leur comportement change et l’énergie est rapidement économisée. La numérisation rend également les bâtiments plus résilients. Grâce à la production et au stockage d’énergie locale, les entreprises peuvent lisser les pics de consommation et réduire leur dépendance au réseau électrique.”
Mesurer, numériser, décarboner
Schneider Electric adopte une approche en trois étapes pour accompagner les entreprises et les gestionnaires de bâtiments: déterminer la stratégie, numériser et décarboner. “Tout commence par une vision claire à long terme”, confirme Hans Smid.
L’inaction coûte davantage que l’action. Ne pas investir dans l’efficacité énergétique est en réalité l’option la plus coûteuse!
Hans Smid, Vice-President Digital Energy chez Schneider Electric Belgique & Pays-Bas
“Chaque bâtiment n’exige pas la même approche. Certains propriétaires se projettent sur cinq ans, d’autres sur dix ou plus. La première étape est donc de dresser un état des lieux: combien d’énergie un bâtiment consomme-t-il aujourd’hui, et combien de CO₂ émet-il?”
Ensuite vient la position du bâtiment dans le portefeuille plus large. Sera-t-il encore exploité pendant des décennies, ou une vente est-elle prévue? Cette évaluation permet de déterminer si une rénovation légère suffit ou si une intervention lourde s’impose, en conservant uniquement la structure.
Une fois la stratégie définie, on passe à la phase de numérisation. C’est le moment où des mesures précises et une surveillance intelligente sont mises en place.
“Avec ces données, les entreprises peuvent réaliser des économies considérables en optimisant les réglages et en éliminant les routines inefficaces. Les informations sont alors traduites en mesures concrètes.” Cela peut aller de l’automatisation de la climatisation à l’intégration de panneaux solaires, de systèmes de batteries ou d’infrastructures de recharge.
“Les bâtiments sont une clé puissante dans la transition énergétique”, conclut Hans Smid. “Mais seulement si nous les abordons de manière stratégique.”