Une “bombe d’eau” qui paralyse votre site de production. Une vague de chaleur qui compromet la récolte de votre fournisseur. Ou un investisseur qui n’accorde son capital qu’après avoir étudié de près votre empreinte climatique. Pour les entreprises, le changement climatique n’est plus une menace lointaine, mais un risque qui pèse dès aujourd’hui sur leurs activités et leurs investissements. Une analyse des risques climatiques permet d’identifier ces vulnérabilités à temps et de prendre des décisions plus ciblées.
“L’impact du changement climatique sur les entreprises n’est plus un exercice théorique”, prévient Jasmien Doevenspeck, Senior Sustainability Advisor chez KPMG en Belgique. Il peut notamment avoir des répercussions sur le chiffre d’affaires, les investissements et la continuité des activités. “C’est pourquoi de plus en plus d’entreprises considèrent le climat non seulement comme un enjeu de durabilité, mais aussi comme un facteur qui contribue à déterminer leur stratégie.”
Deux types de risques
Ces risques se répartissent en deux grandes catégories. Les risques physiques découlent directement de l’évolution du climat. “Pour la Belgique, les inondations constituent le principal effet climatique, à côté de la chaleur, combinée à la sécheresse”, indique Kobe Geryl, Senior Manager Sustainability/ESG chez KPMG en Belgique. L’exposition à ces risques physiques dépend de la localisation, mais également de la vulnérabilité des actifs et des activités.
De plus en plus d’entreprises considèrent le climat non seulement comme un enjeu de durabilité, mais aussi comme un facteur qui contribue à déterminer leur stratégie.
Jasmien Doevenspeck, Senior Sustainability Advisor chez KPMG en Belgique
Les risques de transition, quant à eux, apparaissent dans le cadre du passage à une économie décarbonée… et parfois là où on ne les attend pas. “Imaginez que vous fournissiez le secteur pharmaceutique”, illustre Kobe Geryl. “Un concurrent fabrique le même produit, mais avec un quart d’émissions en moins. Les grands acteurs pharmaceutiques ont leurs propres objectifs climatiques et se tournent vers ce concurrent. Vous perdez des parts de marché sans que votre produit soit devenu moins performant. Aujourd’hui, ce type de situation est une réalité.”
Pas de boule de cristal
Une analyse des risques climatiques commence par les sites et les activités de l’entreprise. Pour chaque site, des experts cartographient les aléas climatiques pertinents. Des modèles calculent alors l’impact attendu à partir de divers scénarios d’émissions et horizons temporels. “Nous examinons par exemple quelle profondeur d’inondation pourrait être attendue en 2050 sur un site donné”, indique Jasmien Doevenspeck. “Puis nous évaluons la vulnérabilité de ce site.”
Selon Kobe Geryl, une telle analyse ne sort pas d’une boule de cristal. “Un modèle climatique ne permet pas de prévoir les tensions dans le détroit d’Ormuz. Mais l’exercice oblige à se poser des questions du type ‘et si?’. Et si cela se produisait? À quoi devons-nous être attentifs? Et que pouvons-nous faire dès maintenant pour réduire ce risque? C’est là que réside sa véritable valeur.”
De l’analyse à l’action
L’analyse va au-delà d’un simple inventaire des risques. Elle débouche sur un plan d’adaptation destiné à aider l’entreprise à maîtriser les effets physiques du changement climatique. Un plan de transition détaille la manière dont elle réduit ses émissions et adapte ses produits, ses choix énergétiques et ses processus à une économie décarbonée.
Pour la Belgique, les inondations constituent le principal effet climatique, à côté de la chaleur, combinée à la sécheresse.
Kobe Geryl, Senior Manager Sustainability/ESG chez KPMG en Belgique
Le législateur pousse lui aussi les entreprises dans cette direction. Les règles européennes de reporting (CSRD) exigent une compréhension des risques climatiques. La taxonomie européenne oriente les capitaux vers les entreprises durables. La nouvelle directive sur la résilience des entités critiques vise les entreprises essentielles au fonctionnement de la société, notamment dans l’approvisionnement en eau, le transport et les soins de santé.
“Même les PME qui ne disposent pas d’un budget important peuvent se lancer”, souligne Kobe Geryl. “Un exemple? Grâce au portail climatique du gouvernement flamand, vous pouvez utiliser l’outil IMPACT pour zoomer sur votre adresse. Vous voyez ainsi quels effets climatiques vous concernent, aujourd’hui et demain.”
“Plus tôt vous franchissez le pas, plus vous avez d’options”, conclut Jasmien Doevenspeck. “Les retardataires, en revanche, voient leurs options disparaître les unes après les autres. Une analyse des risques climatiques ne se limite pas à réduire les risques: elle permet également d’identifier des opportunités, et devient ainsi un élément stratégique pour l’avenir.”
De la CSRD à la gestion des risques: comment Spadel analyse les risques climatiques
L’entreprise d’eau minérale Spadel collabore depuis plusieurs années avec KPMG autour des questions de durabilité. Dans une nouvelle phase de ce parcours, elle s’est penchée sur une analyse des risques climatiques. Cette démarche a été en partie motivée par le reporting CSRD, mais elle reposait également sur la valeur ajoutée que l’exercice pouvait apporter en matière d’atténuation des risques. Pour un producteur d’eau minérale, des thèmes comme la sécheresse et la chaleur occupent naturellement une place importante à l’agenda.
L’analyse, centrée sur les risques climatiques physiques, a examiné l’impact sur les sites propres de l’entreprise et ses infrastructures critiques, mais aussi les éventuelles vulnérabilités dans la chaîne de valeur. Spadel a ainsi cartographié les aléas climatiques susceptibles de jouer un rôle selon les lieux, ainsi que le moment à partir duquel ils deviennent pertinents. Cette approche fondée sur les données aide l’entreprise à traiter les risques de manière étayée et ciblée.
Vous souhaitez savoir comment les risques climatiques peuvent affecter votre entreprise, aujourd’hui comme demain? Découvrez comment KPMG peut vous accompagner.